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 De bâbort à Tribord, 30 ans après

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maurice renard

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MessageSujet: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Jeu 29 Oct - 20:08

Rappel du premier message :

Maintenant que je suis né, je peux commencer à vous raconter ma vie de marin


Liste des bateaux avec ports, dates d'embarquement et de débarquement

ILE DE LA REUNION
Le Havre - Dunkerque • 14/06/68 - 28/10/68

VILLE DE ROUEN
Hambourg - Marseille • 10/01/69 - 29/05/69

SIKIANG
Dunkerque - Le Havre • 08/07/69 - 20/10/69

VENTOUX
Martigues - Marseille • 27/12/69 - 21/05/70

TTGRE
Le Havre - Bordeaux • 17/07/70 - 18/11/70

CHAUMONT
Dunkerque - Milazzo • 15/01/71 - 21/06/71

BLOIS
Le Havre - Le Havre • 19/08/71 - 11/01/72

ESSO BRETASNE
Kharg Island - Fawley • 20/03/72 - 30/08/72

MAGDALA
Liverpool - Londres • 12/09/72 - 25/01/73

SIVELLA
Dubaï - Singapour • 24/04/73 - 14/07/73

MAGDALA
St Nazaire - Roterdam • 02/07/73 - 02/10/73

MAGDALA
Dubaï - Dubaï • 15/01/74 - 27/04/74

MIRALDA
Liverpool - Trinidad • 26/06/74 - 03/10/74

MAGDALA
Curaçao - Curaçao • 23/12/74 - 10/03/75

ISARA
Port de Bouc-Fos/Mer • 25/04/75-14/08/75

LÉDA
Dubaï - Dubaï • 05/11/75 - 01/02/76

DOLABELLA
Dubaï - Dubaï • 21/3/76 - 22/05/76
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maurice renard

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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Mar 19 Jan - 22:57

Les descentes australiennes. Comme leur nom l'indique

Les syndicats de dockers australiens étaient dans les années soixante, les plus puissants du monde.
J'ai vu un jour dans un port à Sydney un bosco parler un peu trop fort à un chef docker qui n'avait pas l'air de comprendre nos méthodes pour un chargement pourtant classique. L'homme s'est vexé, il a juste levé la main et sur cette seule indication pour ses collègues, tout le monde à débrayé pendant vingt-quatre heures.
Rien n'y fit, les menaces du Commandant à la direction des dockers, l'agent de la compagnie qui essaya de parlementer avec les grévistes, rien. Ils nous firent même comprendre que vingt-quatre heures était la plus petite représaille, et que si l'on insistait trop, ils augmenteraient leur action. Ce fut même le bosco qui attrapa un blâme et le lendemain, tout rentra dans l'ordre.
Cette anecdote sur la puissance d'un syndicat pour vous expliquer que, dans les années cinquante, juste après la seconde guerre mondiale, déjà cette action syndicaliste servit pour la bonne cause.
Après la guerre donc, les cargos qui sortaient des chantiers navals avaient deux, trois et jusqu'à six cales. Grandes soutes immenses avec une très grande ouverture sur le pont, pour que les grues des quais puissent y plonger leur chargement en toute sécurité.
Ces ouvertures étaient la seule façon d'accéder aux cales, aussi bien pour les marchandises que pour les hommes qui descendaient dans le fond par une échelle en fer, soudée dans un coin du panneau donnant accès aux soutes.
C'était sans compter sur les Australiens qui, dès que le premier bateau arriva pour décharger et recharger ses cales, exigèrent que les navires soient équipés d'une descente autre que le panneau principal, non sécurisant à leurs yeux.
C'est ainsi que, petit à petit, tous les cargos qui devaient un jour ou l'autre passer par les ports d'Australie, revinrent aux chantiers navals, pour se faire rajouter cette fameuse descente australienne.
Elle est constituée d'un petit cabanon, rajouté entre chaque cale, sur le pont, et un escalier très pratique vous descend en toute sécurité jusqu'au fond.
La seule bonne chose de bien à mes yeux que firent les Australiens.
.
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maurice renard

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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Mer 20 Jan - 22:40

La douane à bord. Métier dangereux

Ne pas parler de douane alors que j'ai fait des dizaines d'escales dans le monde entier serait injuste, voici l'oubli réparé.
Dès que nous arrivions dans un nouveau port, toutes les denrées de la cambuse étaient répertoriées sur un registre, alcools et cigarettes compris.
Toute cartouche de paquets de cigarettes entamée pouvait être gardée, ainsi que toute bouteille d'alcool ouverte. Tout le surplus était enfermé dans ce que l'on appelait "la blague". C'est le maître d'hôtel qui était chargé de ce travail.
Lorsque ces messieurs montaient à bord, on savait dès les premiers instants s'ils venaient faire leur travail de routine obligatoire ou s'ils venaient dans l'intention de nous embêter.
Quand toute l'équipe se dirigeait vers le bar, le maître d'hôtel leur servait ce qu'ils demandaient et, une demi-heure plus tard, tous quittaient le bord avec les papiers signés de la petite visite de politesse.
Mais, si à peine à bord, des groupes se formaient: trois dans la machine, trois dans les coursives officiers et le reste pour nous, l'équipage, alors là, on était assurés d'avoir une fouille complète, sans aucune indulgence.
Ce genre de mission suprême était quand même assez rare et, par habitude, on savait pourquoi cela arrivait: soit que les supérieurs demandaient de temps en temps de faire du zèle, soit que dans le secteur où l'on se trouvait, un trafic de drogue, de cigarettes ou encore d'alcool avait ou était en train de se faire démanteler.
Quand nous avions droit à la fouille complète avec chaque recoin examiné avec minutie, on se vengeait comme on pouvait.
En prévision, nous préparions des pièges dans la machine. Des caisses à huile montées sur pieds avec des niveaux en verre servaient d'appâts.
On vidangeait les niveaux, les arrivées étaient bouchées avec de l'étoupe pour empêcher qu'ils ne se remplissent. Par terre autour de la caisse, des pas de chaussures grasses étaient visibles. Le douanier croyait que cette caisse avait été vidée de son contenu initial et servait de planque pour cacher alcool ou cigarettes et, sûr de son coup, il dévissait fébrilement la plaque latérale du réservoir, pour... recevoir cinquante litres d'huile sur les pieds.
Si vraiment on voulait se servir de cette caisse comme cachette, nous procédions à l'opération inverse. La caisse était proprement vidée, les niveaux par contre étaient remplis, et nous avions ainsi une cachette pour planquer différentes choses que les douaniers nous auraient confisquées avec forte amende s'ils les avaient découvertes dans nos cabines.
La fraude n'était pas bien méchante; des cigarettes que nous vendions en douce à terre, lorsque le prix officiel était exorbitant. En les vendant trois fois plus cher que ce que nous les avions achetées, les gens les payaient encore deux fois moins cher que le prix réel. Tout le monde y trouvait donc son compte.
La drogue, dans les années soixante n'avait pas encore atteint l'ampleur de maintenant, de toute façon, personne ne se risquait à des choses si graves. Le marin, quoi que l'on en dise, avait une certaine moralité.
Aussi pour débarquer dans les pays étrangers, au passage de la douane, il ne fallait pas hésiter. Plus nous étions sûrs de nous, moins on risquait de se faire arrêter pour trafic illicite pendant la fouille des bagages.
J'avais, dans les débuts de ma navigation acheté aux Pays-Bas, un ensemble radio-magnéto-électrophone portable. En douane, j'aurais payé une petite fortune pour le ramener en France, alors, je me suis offert en plus un petit transistor sans aucune valeur et, chaque fois que je débarquais, j'allais de moi-même voir les douaniers, en leur disant que je possédais un objet à déclarer. Je leur montrais la facture du petit transistor en leur demandant s'ils voulaient le voir. Jamais personne ne me fit déballer mes bagages, qui contenaient le gros combiné.
Une fois même, on me signala que je n'avais pas à déranger la douane pour une si petite chose.
L'audace paie toujours.
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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Mer 20 Jan - 22:43

Le progrès n'a pas que du bon. L'ascenseur au Cockpit-Hôtel

Dans le tome un et également dans ce tome deux, je parle de l'hôtel où, à Singapour, dans l'attente d'un avion pour regagner l'Europe, nous sommes restés plusieurs nuits.
Palace immense, où les étages étaient desservis par des ascenseurs ultramodernes, à commande par touches extra-sensitives.
Il suffisait à peine d'effleurer le bouton de l'étage où l'on désirait se rendre pour le faire démarrer.
Mais voilà, cette nouveauté pour l'époque était basée sur la conductibilité de l'individu par rapport à la masse (le sol).
En effet, les boutons étaient actifs dès que quelqu'un appuyait dessus. Le circuit se bouclait entre la personne et le sol.
Un après-midi, le repas terminé, je veux regagner ma chambre au dixième étage. Je remarque devant l'ascenseur, une vieille dame du pays qui s'énerve en essayant d'appeler la cabine: elle a beau appuyer de toutes ses forces sur les boutons, rien à faire. Son corps n'assure plus la connexion nécessaire, et de plus, de grosses bottes de cuir l'en isolent encore plus, empêchant la manœuvre.
Je prends pitié de cette femme et, me tenant juste derrière elle, j'effleure du bout des doigts le bouton qu'elle s'efforce en vain d'appeler. Ô miracle, quelques secondes se passent et la porte s'ouvre.
Non seulement elle ne me remercie pas (ce que d'ailleurs je n'attendais pas), mais elle me lance un regard foudroyant qui voulait dire: espèce de sale européen qui a surpris une fille du soleil levant dans l'embarras.
Encore heureux qu'elle ne se soit pas fait hara-kiri.
Soyez aimable, on vous le rendra !

 
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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Jeu 21 Jan - 19:29

La blague malsaine L'injure suprême

Sur tous les bateaux, le bruit dans la machine est insupportable et, pour se taire comprendre, il faut soit s'expliquer par gestes soit hurler.
Il était donc très facile dans ces conditions de surprendre quelqu'un qui ne vous entendait pas venir. C'est ce que fit un jour un graisseur vis-à-vis d'un collègue.
Cet autre, avait toujours l'habitude de se mettre les mains dans le dos, en faisant ses rondes de machine.
La tentation fut trop forte pour l'arrivant; il s'approcha doucement du collègue et, se défroquant, lui mit dans les mains... " Son service trois pièces".
L'autre ne se retourna pas tout de suite, il tâta d'abord ce qui lui arrivait dans les mains et, après quelques secondes de palpage et d'hésitation, reconnaissant enfin le cadeau qui lui tombait du ciel, hurla et, s'emparant d'une hache d'incendie, se jeta sur le fautif pour lui expliquer comment il avait apprécié la blague.
Le plaisantin ne dut son salut qu'à la fuite. Alors que l'agressé poursuivait l'agresseur avec sa hache brandie, il se calma enfin, à la grande satisfaction du petit malin qui croyait sa dernière heure arrivée.
Mourir à coups de hache pour un zizi, est-ce bien raisonnable ?
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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Jeu 21 Jan - 19:32

Mon humour grinçant

Que certains n'appréciaient pas du tout
Sur tous les bateaux, il y avait une obligation prioritaire, celle d'avoir, à l'avant, dans une soute spéciale, un cercueil, au cas où.
Chaque fois que j'embarquais, mon premier souci était d'aller voir si je tiendrais dedans, au cas où.
Pour le plaisir de semer ma petite zizanie, quelquefois, en entrant dans le réfectoire, je lançais un retentissant :
-« Bon appétit à tous, sauf à un ». Phrase magique, qui, tout le temps du repas permettait aux autres de se poser des tas de questions:
-"Pour qui crois-tu qu'il a dit cela, Renard ? A un tel peut-être, il paraît qu’il ne peut pas le voir".
-" Mais non, je suis sûr que c'est pour l'autre là-bas, avec ce qu'il lui a fait l'autre jour, il fallait s'y attendre".

Seul dans mon coin, je savourais mon effet. Il faut bien s'amuser de temps en temps.
Mieux encore, abusant de mon grade de Maître-électricien, lorsque les nouveaux novices en étaient à leur premier embarquement, j'attendais qu'un mois se termine et je démontais dans leur cabine un panneau cachant l'arrivée d'eau pour les sanitaires et le branchement électrique. Je leur faisais croire que je relevais le compteur de consommation électrique, et que s'ils avaient dépassé un certain seuil, établi par le commandant, on devait leur faire payer la note de supplément.
Toute aussi absurde que pouvait être cette farce, plus de la moitié des nonos y croyaient.
Mon humour ne s'arrêtait pas là, à vous de découvrir au fil de ces deux tomes d'aventures d'autres farces que je pouvais faire, seule ou à l'aide de complices.
Bonnes recherches, et bonne lecture.
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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Ven 22 Jan - 19:38

L'empoisonnement. Chute involontaire dans la piscine vide.

Sur le Léda, mes aventures maritimes faillirent prendre fin tragiquement.
Notre réserve de vivres congelée n'était pas aussi surveillée que les denrées alimentaires dans les boutiques de vente au public. La responsabilité en revenait au maître d'hôtel qui, en faisant l'inventaire de temps en temps, s'assurait de la bonne tenue des stocks.
Que se passa-t-il un certain moment dans la chaîne de froid? Personne n'en sut jamais rien. Un beau matin, certains se levèrent avec un mal au ventre terrible, des maux de tête atroces, toutes sortes de symptômes divers et variés qui furent sans équivoques pour le docteur contacté en urgence par Saint-Lis-radio: intoxication alimentaire.
Pour ma part, comme tout le monde ou presque, les douleurs abdominales ne m'empêchèrent pas de prendre mon travail, mais en effectuant une ronde d'éclairage en extérieur, au moment où j'étais à califourchon sur la rambarde de la piscine pour être plus près d'un projecteur défectueux, la tête me tourna, et je me retrouvais dans le fond de la piscine (heureusement vide ce jour) mais dans les pommes, et tout cabossé. Personne pour me ramasser ou donner l'alerte, je retrouvais mes esprits au bout d'un certain temps avec des douleurs sur tout le corps.
Remontant tant bien que mal du fond du plan d'eau, je me traînais comme je pus jusqu'à ma cabine. Mon épouse, du voyage cette fois-ci encore, put enfin avertir mes supérieurs, et bientôt ma cabine fut envahie du Commandant, du Chef mécanicien, et de l'officier-pont responsable des médicaments. Chacun à son tour m'examina consciencieusement pour voir si je n'avais rien de cassé. Rassuré sur mon état, on me laissa là, priant mon épouse de bien s'occuper de moi, car expliqua le Commandant, un bateau sans Maître-électricien valide ne peut se concevoir.
Le reste de la journée et la nuit aux petits soins me remirent vite d'aplomb, et dès le lendemain, tout le monde put voir le Maître-électricien reprendre son service.
Pour ceux qui se poseraient la question en lisant cette histoire: pourquoi la femme de l'auteur ne fut pas indisposée par cette intoxication alimentaire, ou pourquoi son mari n'en parle pas, la réponse est toute simple: les repas sont très copieux, et de fait, mon épouse ne prenait qu'un plat sur deux. Le jour de l'empoisonnement collectif, le plat de viande était seul responsable. Comme mon épouse n'y avait pas touché, elle a été épargnée.
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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Ven 22 Jan - 19:44

L'armateur. la haute direction

Deux livres sur la Marine Marchande sans parler des gens qui nous commandent serait mal vu. Ce dernier récit est là pour vous éclairer.
L'armateur, le grand patron de la Compagnie, le pacha des pachas, décide de la promotion des futurs Commandants, des voyages de tel bateau à tel endroit, de l'achat de tel autre bâtiment pour agrandir la flotte. C'est lui aussi qui négocie les marchés de fret.
Sur tous les navires de la Compagnie, une suite, plus belle encore que celle du Commandant, attend une éventuelle visite de l'armateur.
Entendons-nous bien, amis lecteurs, l'armateur ne dirige pas tout seul une Compagnie Maritime, il en est le représentant légal, responsable. Qui dit compagnie laisse entendre du monde derrière, des bureaux, des chefs, des sous-chefs, des secrétaires. Les grandes décisions sont prises en conseil d'administration, et sont votées à la majorité avant d'être adoptées.
Cet homme n'est pas invisible pour tous. De temps en temps, les représentants des marins, les délégués, ont rendez-vous dans les bureaux de la direction, pour traiter les questions des collègues qui, collectées de voyage en voyage, se doivent d'êtres débattues un jour ou l'autre.
Donc, une ou deux fois par an, nos représentants syndicaux sont reçus par la haute direction au siège social de l'agence.
Pour ma part, n'ayant jamais été délégué ou quoi que ce soit de cet ordre car la politique salariale ne m'intéressait pas (je serais plutôt du genre à faire de l'anti-magouille patronale). Comme il n'y avait rien de visible à reprocher à nos dirigeants, je n'eus jamais le loisir d'assister à de tels débats.
Sur un bateau, au retour justement d'une réunion des délégués, nous eûmes un compte rendu complet de la séance.
Ce jour-là donc, nos représentants étaient fortement déçus. Pendant la réunion qui dura près de deux heures, jamais les questions sérieuses ne furent abordées. L'ordre du jour consistait en des heures supplémentaires payées à un tarif plus élevé, et les jours de congés équivalents au même nombre de jours passés en mer.
Dès le début de la séance, la direction s'inquiéta de savoir ce que les hommes faisaient au grand mouillage, au retour d'un voyage, avant d'avoir une place à quai. Un délégué eut le malheur de parler pêche.
Tout le reste de l'entretien se passa à discuter lignes, fils, appâts, astuces de pêche au gros, tant et si bien que, l'heure passée, avant de se dire au revoir et se fixer rendez-vous six mois plus tard, la direction avait promis en tout et pour tout que, dorénavant, chaque Commandant recevrait au départ d'un nouveau voyage un nécessaire complet de pêche pour l'équipage, afin que celui-ci ne trouve plus le temps long pendant les attentes de place à quai.
Dépense dérisoire à côté de ce que les délégués demandaient, mais ce ne fut que partie remise, car plus tard, bien plus tard, après de nombreuses réunions où il n'était plus question de pêche au gros pendant les longues heures d'attente au mouillage, les heures supplémentaires furent payées un peu mieux et, dès les années soixante-dix, chacun pouvait bénéficier d'un nombre de jours de congé équivalent aux nombres de jours passés en mer.
Vive les délégués syndicaux (même s'ils mettent longtemps à nous obtenir ce que nous leurs demandons).
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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Sam 23 Jan - 20:29

Attention, carré blanc



Epilogue

Voici terminé ce deuxième et dernier livre sur mes huit années de navigation.
Que de souvenirs ! II aura fallu des heures et des heures de canevas manuscrit pour retrouver tous les détails qui on fait ces belles histoires.
Et encore, mon idée au départ du premier tome était d'écrire trois livres. Le tome un, dans ce qu'il est, mais en supprimant l'histoire du "concours de jets d'olives", peut-être aussi "légendes et récits de Madagascar", enfin tous les récits un peu osés.
De même pour ce tome deux et, toutes ces histoires un peu salaces, les regrouper dans un troisième livre.
Mais en cherchant bien, les récits un peu "hard" atteignaient tout juste la dizaine, pas assez pour faire un nouveau volume. Donc l'idée du troisième fut écartée et les quelques histoires à ne pas mettre entre toutes les mains furent glissées, éparpillées dans les deux tomes. Apparemment la pilule est passée, car personne ne m'a dit son dégoût de lire ce genre de choses. Au contraire, à croire que cela était nécessaire, et que ces récits augmentaient le piquant des livres, pour les rendre un peu moins plats.
Si tel est le cas, je peux me servir de cet épilogue pour vous en raconter encore quelques bien bonnes.
Cette ramate, qui, peu farouche, disant oui à deux hommes à la fois, s'est retrouvée prise en même temps par devant et par derrière, debout. Elle ne touchait plus terre. Le seul inconvénient pour les partenaires était que les paires de testicules, à chaque mouvement de va-et-vient, s'entrechoquaient violemment. La douleur était presque insupportable.
Une autre encore pour finir.
La mère Paula ne faisait pas que l'arbitre dans les concours de jets d'olives. Quand elle décidait de s'envoyer en l'air avec des novices (elle ne cherchait que la jeunesse), elle se mettait assise, jambes écartées devant l'élu de son cœur, et elle suçait un goulot de bouteille. Si le futur prétendant avait compris, l'affaire était faite, sinon, elle le prenait sous son bras et l'emmenait dans ses appartements, qu'il soit consentant ou non.
Au début, on entendait bien crier un peu le gamin, mais allez savoir ce qu'elle leur faisait, dès qu'ils redescendaient, tous étaient radieux.
De toute façon, il n'était pas question de leur porter secours, car pendant ce temps, les serveuses nous étaient dévouées corps et âmes, plutôt corps que âmes, car la mère Paula, jalouse comme une tigresse, ne voulait pas que l'on touche à ses filles si elle n'avait rien à se mettre sous la dent (là, je suis correct).
Quand, ce qui arrivait parfois, il n'y avait pas de novice pour servir d'appât et contenter madame, il fallait que l'un d'entre nous se dévouât pour... que les collègues puissent en toute tranquillité prouver aux petites que : un sexe en érection n'a pas de nation.
Arrêtons là, car je ne voudrais pas que cet épilogue serve de refuge aux histoires cocasses.
Encouragé par les remarques et réactions du premier bouquin, je me pencherai pour mes vieux jours sur d'autres écrits car, comme j'aime le dire à qui veut bien m'entendre :
-"Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne chasse pas, je ne pêche pas, les filles c'est fini... quoique. Que me reste-il ? ...la plume".
Alors plumons, pardon écrivons. A bientôt j'espère*

Orléans, Juin 1999.

PS. Dans mon dernier travail (responsable des horodateurs de la ville d'Orléans) je formai également les futurs contractuels. Un, venant de La réunion, me raconta que Mme Paula était décédée.
Je me suis donc permis de raconter l'histoire qui la met en vedette...
"Le concours de jets d'olives" et sa méthode pour... 'consommer' les novices...

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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Sam 23 Jan - 23:55

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Après mes deux livres sur cette marine que j'ai bien connu, j'avais encore des choses à dire... mais pas assez pour en faire un troisième. Alors, j'ai fait un documentaire :

"La marine Marchande dans les années 70"


Voici les affiches:




J'en profite pour signaler que je recherche des villes, des salles qui pourraient m'inviter pour que je présente ce documentaire.
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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Mer 21 Sep - 0:53

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Conférence-débat autour des livres: "De Bâbord à Tribord"

Huit années de Marine Marchande, trois tours du monde, deux livres pour tout raconter, et pourtant tout n'a pas été écrit, il y a encore beaucoup à dire sur cette Marine Marchande des années 70.
Refaire an troisième tome?, je n'étais pas chaud, je voulais quelque chose d'original pour changer, mais quoi?
Pour tout vous dire, l'idée germa en moi quand une charmante personne, responsable d'un club de troisième âge qui, s'intéressant à moi lors d'une signature à la librairie Lodé pour le marché de Noël 99, me demanda si je voulais bien présenter une conférence-débat sur mes deux livres.
Quatre mois plus tard, je me trouvais dans les locaux de la permanence des familles de France, à Fleury-les-Aubrais où, pendant une bonne partie de cette après-midi du 2 avril 2000, je répondais consciencieusement aux différentes questions de mon auditoire attentif.
Mais, j'étais venu les mains dans les poches avec mes livres sous le bras. Aucune note, pas d'écrit, aucun fil conducteur, chaque question avait une réponse spontanée.
Il fallait, si je continuais ce genre d'activité, à savoir des conférences-débats sur ma vie de marin et l'édition de livres: du matériel, des données visibles de l'époque de ma navigation, des notes, des références justes. Mais comment s'y prendre? Par quoi commencer?
Par mon travail, l'idée finale m'apparut. Un formateur de la société à laquelle nous avions acheté du matériel neuf vint un beau jour avec un rétroprojecteur et un classeur de vues fixes. Trois heures plus tard et une centaine de vues projetées sur le mur de notre atelier, tout l'auditoire savait parfaitement ce qu'il fallait savoir, grâce aux explications de chaque vue parfaitement choisies et très bien commentées par notre instructeur.
Une conférence animée par des vues fixes projetées sur écran par rétroprojecteur, un texte préparé à l'avance, commentant chaque vue, il ne m'en fallait pas plus pour que ma future activité voit le jour.
Plus de six mois m'ont été nécessaire pour ; rassembler cent vingt documents d'époque (photos, notes, écrits, données diverses, navires, pétroliers sur lesquels j’ai embarqué au cours de mes huit Années de navigation). Tous sont commentés, le tout réalisé en film noir & blanc et couleur.
Un montage de photos nous fait découvrir la vie d'un pétrolier de 33 000 tonnes dans années 60, depuis sa sortie des chantiers navals. Nous le suivrons dans le canal de Suez, au golfe Persique, et à son retour en France à Lavera pour sort déchargement.
Je suis maintenant fin prêt pour vous présenter ce que j'appellerai la suite et fin de mes huit années de navigation:  

La Marine Marchande des années 70...

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Dernière édition par maurice renard le Ven 21 Oct - 22:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Mer 21 Sep - 1:14

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Vie d'un pétrolier de 33 000 tonnes.

Afin de mieux faire comprendre aux personnes qui n'ont jamais vu un bateau de leur vie*, ce petit film est fait à leur intention.
Nous suivrons donc, avec une cinquantaine de vues, un pétrolier des années 50. Depuis sa sortie des chantiers de France, il nous emmènera au golfe Persique, en passant par le canal de Suez, et nous le quitterons à son retour en France, à Lavera, pour son déchargement.

Voici donc la sortie officielle de ce navire, tout juste terminé, quittant son quai de construction (qui sert aussi de quai de réparations pour les gros travaux).
On remarquera, pour la circonstance, le grand pavois qui a été hissé (tous les drapeaux, les fanions enrubannent les mâts).
Le grand pavois est rarement déployé sur un navire. Seulement pour les fêtes nationales, et les grandes manifestations dans les ports où le bateau est accosté.
Cette première mise à l'eau n'est pas son départ définitif pour les futurs voyages que le navire va effectuer pendant près de vingt ans. Il va être testé, éprouvé en vitesse et contrôles divers.
Seule l'agrémentation du bureau Veritas attestera de sa parfaite construction, et délivrera enfin son acceptation à sillonner les mers et océans du globe.

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Dernière édition par maurice renard le Ven 21 Oct - 22:14, édité 1 fois
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maurice renard

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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Jeu 20 Oct - 2:40

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En panne d'ordi, je poste sur celui de mon fils. En cherchant dans mes tiroirs, j'ai retrouvé ce récit authentique, comme tous les autres de ma vie de marin.

Capitaine, je suis clair
*

De mon temps de navigation, les maladies vénériennes étaient considérées comme maladies professionnelles.
Quand l’un de nous, au cours d’une escale après une sortie avec une fille, ressentait des picotements en faisant pipi, il ne fallait pas attendre. L’intéressé allait voir le second-capitaine, c’est lui qui faisait office de toubib à bord.IIl nous suffisait de lui dire: - « Capitaine, je suis clair »
Il comprenait aussitôt et, si nous étions au port, il nous donnait un bon de visite pour le médecin de la compagnie à terre.
Si par contre, nous étions en mer, c’était lui-même qui nous faisait les injections de pénicilline pour enrayer le mal.
Généralement, une bonne ‘chaude-pisse’ se soignait en deux ou trois piqures.
Une fois, j’en ai chopé une dont il me fut très difficile de m’en débarrasser.
A Madagascar pour une escale de quelques jours, je me trouvais, dès le premier soir sur la plage avec une charmante jeune fille.
J’avais un tourne-disques à piles des années soixante (un mange-disques)
Quelques canettes de bière agrémentaient notre soirée.
Nus sur la plage, nous sirotions nos bières tout en écoutant les musiques yéyé de l’époque et, bien sur en faisant l’amour plus qu’il n’en fallait.
La fatigue eut bientôt raison de nos excès. Je m’endormis sur ma compagne. Malheureusement pour moi, le sommeil me prit… encore branché dans ma partenaire. La fille ne réagit pas, certainement autant fatiguée que moi
Je ne sais pas combien de temps je restais ainsi mais, toujours est ‘il que, neuf jours plus tard, j’étais clair…
Ma compagne était plombée (langage de marin très explicite) et, ma position prolongée en elle déclara en moi la plus belle chaude-pisse de toute ma vie de marin.
Cette jeune femme, responsable de mon malheur ne savait peut-être même pas qu’elle était contaminé.
Pratiquement, toutes ces filles s’immunisaient en prenant des potions vendues par les commerçant chinois. Leurs corps étaient protégés contre cette maladie mais, nous autres, proies fragiles et faibles sans aucune protection, nous prenions tout.
Les deux ou trois piqures habituelles ne suffirent pas à me guérir.
Il me fallait une piqure par jour. Nous faisions du cabotage entre les Comores, la Réunion, Madagascar et l’Ile Maurice. Je visitais ainsi tous les dispensaires à chaque port.
Vingt injections furent nécessaires pour me guérir complètement.
J’assurais quand même mon travail à la machine car, il n’était pas question de m’arrêter, j’étais le seul électricien du bord.
Pendant les heures travaillées, je n’y pensais pas trop mais, les heures de repos mettaient insupportables.
Pour corser la chose, nous étions en plein été Il faisait très chaud. Je buvais beaucoup et, il fallait bien que j’élimine de temps en temps pour libérer ma vessie.
Par contre, il m’étais impossible de me soulager sans hurler de douleur.
Je m’efforçais malgré tout d’uriner mais, dès qu’une goutte arrivait dans le canal, la souffrance devenait tellement intense que, malgré moi, mon organiste refusait l’ordre et stoppait tout.
A force de trouver des combine pour me soulager malgré tout, avec le moins de douleurs possibles, j’avais trouvé une solution.
Sous la douche,  je laissais l’eau couler sur la nuque et, tout en me cramponnant à la tuyauterie, en serrant les dents pour ne pas hurler, je réussissais tant bien que mal à me soulager
L’opération durait un bon quart d’heure tellement ma vessie était pleine. Le jet n’était pas bien important mais, quel soulagement ensuite. Je me sentais revivre.
Ne croyez surtout pas que, suite à cette mésaventure, mon corps serait plus résistant au contact de la prochaine fille malsaine.
Deux ou trois incidents de ce genre, bien moins importants heureusement, gâtèrent mes huit années de navigation.
Le sida, pourtant déjà connu à cette époque ne faisait pas encore les ravages de maintenant, sinon je ne serais peut-être pas aujourd’hui à vous raconter ma vie.

* Blennorragie

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Romantica

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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Ven 21 Oct - 20:37


J'aime à te lire et relire mon cher Maurice
C'est comme ci j'avais un beau livre d'histoire entre les mains !





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maurice renard

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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   Sam 22 Oct - 0:10

Romantica a écrit:

J'aime à te lire et relire mon cher Maurice
C'est comme ci j'avais un beau livre d'histoire entre les mains !


Merci Romentica. Sauf que la, tu as un livre d'histoires vraies dans les mains.

a deamain
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MessageSujet: Re: De bâbort à Tribord, 30 ans après   

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De bâbort à Tribord, 30 ans après
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